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Tunisie, Abidjan, Nouakchott: quatre chantiers de gouvernance énergétique en cours

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L'Ordre des ingénieurs tunisiens a élaboré une feuille de route énergétique destinée à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie et à éviter la répétition des difficultés rencontrées. Le même mouvement se lit ailleurs: un atelier national validant un document d'appui en Côte d'Ivoire, un atelier de régulation à Nouakchott, un plaidoyer pour la transformation locale des ressources en marge d'un salon régional. Le rapprochement de ces travaux suggère un déplacement vers l'amont, celui des cadres, des calendriers et des décisions, plutôt que vers l'annonce de nouvelles capacités.

L'urgence de préparer l'été suivant

La feuille de route tunisienne propose de récupérer des capacités disponibles grâce aux opérations de maintenance, de sécuriser les besoins pendant les périodes de pointe et d'accélérer la production d'électricité destinée à l'autoconsommation à partir de l'énergie solaire. Ces trois leviers ne se déclenchent pas en quelques semaines: la maintenance, la sécurisation de la pointe et le raccordement de moyens solaires supposent des décisions prises longtemps à l'avance.

C'est précisément le point porté par Mohsen Gharsi. Selon le responsable, la préparation de l'été 2027 doit commencer dès à présent, compte tenu du temps limité disponible pour prendre les décisions, réaliser les opérations de maintenance et engager les investissements nécessaires. Si ces décisions glissent, la récupération de capacité visée pour l'été 2027 pourrait manquer une échéance que l'Ordre des ingénieurs juge déjà serrée.

Un document pour tenir un engagement en Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire entend renforcer la mise en œuvre de son Pacte national Énergie au moyen d'un atelier national consacré à l'élaboration et à la validation du Document d'appui à la mise en œuvre du Pacte, dénommé CISD. L'atelier s'est tenu les 9 et 10 septembre 2026 à Abidjan.

La distinction compte pour le lecteur: un pacte énergétique fixe des engagements, un document d'appui à sa mise en œuvre porte sur les moyens de les tenir. Le passage de l'un à l'autre marque le moment où un cadre déclaratif doit se traduire en instruments opérationnels. Tant que ce document n'est pas validé et suivi, l'engagement resterait une intention plutôt qu'un programme d'exécution.

La régulation des mini-réseaux comme condition d'accès

L'autorité de régulation a organisé, lundi à Nouakchott, avec la collaboration du PNUD, un atelier sur le renforcement des capacités réglementaires et institutionnelles applicables aux mini-réseaux électriques. Les travaux portent notamment sur la tarification, les licences, la qualité des services, la protection des consommateurs ainsi que les mécanismes de contrôle et de suivi.

Le choix des thèmes relie directement la régulation à l'accès. Un mini-réseau ne s'étend que si son tarif est soutenable pour l'opérateur et acceptable pour l'usager, si la licence est claire, et si un mécanisme de contrôle protège le consommateur final. En traitant ces cinq objets ensemble, l'atelier vise la partie du cadre qui décide, en pratique, si un opérateur privé s'engage ou s'abstient dans les zones mal desservies.

Transformer la ressource avant de l'exporter

À la SEMH-AES de septembre 2026, un plaidoyer a défendu la transformation locale des ressources, éclairé par une visite industrielle. L'argument déplace la discussion énergie et mines de l'extraction vers la valeur ajoutée retenue sur place, c'est-à-dire vers l'emploi et l'industrialisation qu'une ressource brute laisse échapper lorsqu'elle est exportée telle quelle.

Ce que ces travaux ont en commun

Aucune de ces quatre démarches n'installe de mégawatts: chacune porte sur des règles, un document, un calendrier ou une orientation industrielle. La feuille de route tunisienne mise sur la maintenance et l'autoconsommation solaire, le document ivoirien sur l'exécution d'un pacte, l'atelier de Nouakchott sur la tarification et la protection du consommateur, le plaidoyer régional sur la transformation locale. Ce sont des conditions de faisabilité, pas des mises en service.

Le signal à surveiller diffère d'un dossier à l'autre. En Tunisie, l'engagement effectif des opérations de maintenance et des investissements avant l'été 2027 dirait si l'urgence exprimée par Mohsen Gharsi se traduit en actes. En Côte d'Ivoire, la validation puis le suivi du document d'appui mesureraient le passage de l'engagement à l'exécution. À Nouakchott, les recommandations issues de l'atelier indiqueraient si le cadre des mini-réseaux évolue vers plus de lisibilité tarifaire et de protection des usagers. Dans chacun de ces cas, le fait nouveau n'est pas une capacité, mais une décision de méthode dont dépendra la capacité future.

Sources