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ÉlectricitéAnalyse du jour

Interconnexion, groupes diesel et centrale: des réponses électriques à des horizons différents

Des groupes diesel devant une ligne à haute tension et une grande centrale électrique au loin.
Photo: Ola Noland / Pexels (nouvel onglet)Licence Pexels (nouvel onglet)

Une même préoccupation, sécuriser l'offre électrique, débouche sur des gestes qui n'ont ni la même échéance ni la même portée. La Tunisie cherche à renforcer durablement sa capacité de production après un été 2026 marqué par des délestages dans plusieurs régions. Pour y répondre, Tunis et Alger ont approuvé un projet de centrale de 1 400 MW en Tunisie, dont les modalités techniques et financières restent à préciser.

À Kinshasa, le 6 octobre 2026, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a présidé la signature d'un mémorandum d'investissement portant sur un projet énergétique du Fonds d'Investissement Stratégique de la République démocratique du Congo, selon Zoom Eco RDC. Le projet doit relier, par une ligne à haute tension de 330 kV, une zone minière de la RDC à une localité de Zambie. Il doit renforcer les échanges énergétiques entre les deux pays et répondre aux besoins croissants d'un bassin industriel et minier.

À Madagascar, le gouvernement a réquisitionné la JIRAMA pour un accord d'achat direct de 18 groupes électrogènes diesel auprès de la société russe Malmekhservice, rapporte Mali Actu. Au Togo, la CEET avertit que certains quartiers ou localités pourraient connaître des coupures pendant les travaux de maintenance préventive de la WAPCo, du 7 au 22 octobre 2026. Durant cette période, l'approvisionnement en gaz naturel des centrales thermiques sera interrompu, et la compagnie a opté pour des combustibles liquides, plus coûteux, afin de ne pas réduire davantage l'offre.

Mémorandum, feu vert aux modalités encore ouvertes, achat direct, recours à des combustibles de secours: ces leviers ne se situent pas au même point du cycle d'investissement. Le diesel à Madagascar et les combustibles liquides au Togo agissent sur l'instant, au prix d'un coût de production plus élevé. La centrale de 1 400 MW et la ligne à 330 kV relèvent, elles, d'un horizon plus lointain. Si les modalités de la centrale tunisienne doivent encore être précisées, son effet sur les délestages de l'été resterait éloigné dans le temps.

Chaque acteur porte une exposition distincte. La JIRAMA assume l'exécution d'une décision gouvernementale, l'achat direct de 18 groupes diesel lui ayant été imposé par réquisition. La CEET a accepté un risque de coupures, qu'elle dit vouloir réduire au minimum, en préférant des combustibles liquides plus coûteux au gaz indisponible. Côté RDC, le Fonds d'Investissement Stratégique engage une intention: un mémorandum précède le bouclage financier, et rien dans le document signé n'établit que la ligne est financée ou construite.

Le lien entre électricité et industrie extractive est explicite dans le projet d'interconnexion, présenté comme une réponse aux besoins croissants d'un bassin industriel et minier. La demande minière pèse ainsi sur le calendrier du réseau: la ligne à 330 kV apparaît comme une réponse à une consommation en hausse, pas seulement comme un échange entre deux pays.

Un signal observable départagera ces trajectoires. Pour la centrale tunisienne, la précision des modalités techniques et financières dira si le feu vert devient un projet engagé. Pour l'interconnexion, le passage du mémorandum au bouclage financier mesurerait la distance entre l'intention et le chantier. Au Togo, la fin de la fenêtre de maintenance, le 22 octobre 2026, testera la capacité de la CEET à avoir limité les coupures.

Sources