Les négociations entre Güzel Enerji, filiale du groupe OYAK, et la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco ont atteint une étape critique, rapporte Turkinform. Le scénario le plus probable serait une prise de participation de Saudi Aramco à hauteur de 30 pour cent dans le distributeur turc, les parties visant un achèvement avant la fin de l'année.
La finalisation du partenariat pourrait entraîner le remplacement de la marque TotalEnergies par la marque Aramco sur le marché turc des carburants, selon des sources citées par le journal. Le réseau concerné est précisément né d'actifs de la major française: OYAK a racheté à Demirören Holding les distributeurs TOTAL Oil Turkiye et M Oil pour les regrouper sous Güzel Enerji.
L'actif visé n'est pas marginal. Güzel Enerji exploite un réseau de distribution de plus de mille stations et détient 8,54 pour cent du marché du diesel et 7,47 pour cent du marché de l'essence, ce qui en fait le quatrième opérateur du secteur, selon Gündem Enerji. Le rapport de l'EPDK, le régulateur turc de l'énergie, la classe également quatrième en part de marché pour le gazole et l'essence.
En amont du réseau, la société dispose d'installations de stockage de carburant et de GPL d'une capacité totale de 550 000 mètres cubes réparties sur six sites, à Gebze, Aliağa, Marmara Ereğlisi, Ankara, Yarımca et Samsun, ainsi que d'une usine de production d'huiles lubrifiantes à İzmir Çiğli.
Les montages évoqués diffèrent selon les sources. Gündem Enerji fait état d'informations de couloir portant sur une cession de 49 pour cent des actions, la majorité restant détenue par le groupe Oyak, et non sur la totalité du capital. La même source situe les négociations en phase finale et indique que des responsables de Saudi Aramco ont inspecté sur place les installations turques au cours des semaines précédentes, en retirant des impressions positives. Les contacts avaient débuté quelques mois plus tôt.
Uğur Doğan, président du conseil d'administration des sociétés énergétiques d'OYAK, avait déclaré à l'agence ANKA mener des discussions officielles avec Aramco sur un partenariat, une coopération commerciale et des opportunités d'investissement stratégique.
En cas d'accord entre les parties, la finalisation de l'opération restera subordonnée aux approbations de l'Autorité de la concurrence, du SPK, le régulateur turc des marchés de capitaux, et de l'EPDK.
Le volet aval n'épuise pas les projets saoudiens en Turquie. L'Arabie saoudite réalisera un investissement dans des centrales solaires d'une capacité totale de 2000 mégawatts dans les provinces de Karaman et Sivas, selon Turkinform. La Turquie fournira les terrains et l'infrastructure, tandis qu'EÜAŞ achètera l'électricité produite pendant 30 ans sur une base euro/cent, et l'investissement sera exonéré de divers impôts.
Ces discussions interviennent alors qu'Aramco affiche des résultats en forte progression. Le groupe a annoncé une hausse de 33% de son bénéfice au deuxième trimestre, avec un bénéfice net ajusté de 33,4 milliards USD sur les trois mois jusqu'à juin, contre 25,2 milliards USD un an plus tôt, selon Dow Jones Newswires. La hausse a été portée principalement par des prix plus élevés du brut et des produits raffinés et chimiques, partiellement compensés par des volumes vendus moindres, des coûts opérationnels plus élevés et une hausse des impôts.
Le groupe verse à l'État saoudien un dividende trimestriel de près de 22 milliards USD, destiné pour l'essentiel à l'innovation, rapporte NieuwsBreak.nl, qui cite le Telegraaf.
Aramco affirme par ailleurs avoir maintenu la continuité de ses activités durant les interruptions dans le détroit d'Ormuz, en s'appuyant sur son oléoduc Est-Ouest, ses capacités de stockage et ses terminaux d'exportation, et a repositionné le port de Yanbu, sur la mer Rouge, comme centre stratégique pour ses expéditions. Environ 5 millions de barils par jour d'exportations ont continué à circuler par des routes alternatives, sur une production totale d'environ 9,5 millions de barils par jour. Ce réseau alternatif ne peut toutefois pas remplacer totalement les volumes habituellement expédiés par Ormuz.
Le PDG Amin H. Nasser estime que même avec une réouverture immédiate d'Ormuz, la reconstitution des stocks mondiaux de pétrole en déclin prendrait jusqu'à 18 mois à une moyenne de 2,1 millions de barils par jour, ce qui soutiendrait la demande de brut jusqu'en 2027.
Sources
- https://gundemenerji.com/guzel-enerji-saudi-aramco-ortakliginda-sona-dogru/ (nouvel onglet)
- https://turkinform.com.tr/saudi-aramco-turkiyenin-dev-petrol-sirketine-ortak-oluyor (nouvel onglet)
- https://tribunadepetropolis.com.br/noticias/lucro-da-saudi-aramco-sobe-33-no-2o-tri-com-precos-mais-altos-do-petroleo-em-meio-a-guerra/ (nouvel onglet)
- https://boulevard.nieuwsbreak.nl/headline/boulevard-nieuws/dividendmachine-saudi-aramco-spekt-staatskas-met-22-miljard-dollar-voor-nieuwe-economie-in-de-woestijn/81164383 (nouvel onglet)
