Gazprom a dégagé un bénéfice net de 78,4 milliards de roubles, soit environ 998 millions de dollars, au premier semestre 2026, après une perte de 10,76 milliards de roubles sur la même période de l'année précédente.
Ces chiffres proviennent du rapport financier du groupe établi selon les normes comptables russes (RSBU), rapporté par l'agence Anadolu depuis Moscou.
Le retournement s'appuie d'abord sur la marge. Le bénéfice brut a progressé de 15 pour cent, à 1 082 milliards de roubles, alors que le chiffre d'affaires n'a augmenté que de 2,9 pour cent, à 3 138 milliards de roubles. L'écart entre les deux rythmes indique que la rentabilité de l'activité s'est améliorée plus vite que son volume d'affaires. Le bénéfice avant impôt ressort pour sa part à 75,9 milliards de roubles.
Le bilan évolue dans deux directions opposées. Les créances du groupe sont passées de 1 145 milliards de roubles fin 2025 à 1 261 milliards de roubles à fin juin, tandis que ses dettes ont reculé sur la même période de 1 172 milliards de roubles à 969 milliards de roubles. Autrement dit, l'entreprise a réduit son endettement tout en portant davantage de sommes qui lui restent dues.
L'intérêt de ces comptes tient à ce qu'ils mesurent: selon la même source, Gazprom a perdu une part importante du marché européen et compte toujours parmi les plus grands producteurs de gaz naturel du monde. Le groupe redevient donc bénéficiaire sur un périmètre commercial amputé de ses débouchés européens historiques, ce qui donne un ordre de grandeur de ce que pèse aujourd'hui, dans ses comptes, l'activité restante.
Pour les marchés gaziers hors d'Europe, y compris ceux d'Afrique du Nord et du golfe de Guinée où le gaz naturel liquéfié et le gaz de pipeline se disputent les mêmes acheteurs asiatiques, la santé financière d'un producteur de cette taille reste une donnée de cadrage. Un exportateur redevenu bénéficiaire dispose d'une marge de manœuvre différente de celle d'un exportateur en perte pour tenir ses prix et ses volumes.
Le niveau de bénéfice publié reste toutefois modeste rapporté au chiffre d'affaires: 78,4 milliards de roubles pour 3 138 milliards de roubles de revenus. Le résultat marque une sortie du rouge, pas un retour aux performances d'un groupe adossé à ses ventes européennes.
Les comptes sont présentés en normes russes RSBU, un référentiel national distinct des normes internationales, ce qui limite les comparaisons directes avec les publications d'autres majors gazières.
