Le rapport piloté par Ousmane Kane, remis aux autorités de Nouakchott, dresse un constat des défaillances à l'origine de coupures périodiques dans la capitale et les grandes villes de Mauritanie. À Douala, un autre opérateur historique voit son redressement passé en revue par son régulateur. Les deux dossiers se rejoignent sur un point que les chiffres rendent lisible: une amélioration des recettes ne suffit pas à résorber un déséquilibre structurel entre ressources et charges.
Le diagnostic mauritanien vise la gouvernance avant la production
Les constats attribués à la commission Kane pointent la faiblesse de la gouvernance opérationnelle de la Société mauritanienne d'électricité, l'opérateur chargé de la production, du transport et de la distribution. Selon Africtelegraph, ce constat est posé sans fard sur des coupures qui plongent périodiquement les villes dans l'obscurité. L'angle retenu déplace la responsabilité du seul parc de production vers la manière dont l'entreprise est pilotée.
Le document plaiderait pour une refonte du modèle tarifaire de la Somelec et un assainissement de son portefeuille clients. Ces deux chantiers sont présentés comme politiquement sensibles, dans un pays où l'énergie reste perçue comme un bien quasi régalien. Si la refonte tarifaire réclamée venait à être engagée, elle toucherait directement les abonnés et transformerait un diagnostic technique en décision budgétaire assumée par les autorités.
À Douala, des recettes en hausse qui ne comblent pas l'écart
L'ARSEL, le régulateur camerounais de l'électricité, a pris part le 8 octobre 2026 à une réunion d'évaluation des actions engagées pour restructurer la Société Camerounaise d'Électricité (SOCAD'EL). Malgré l'amélioration de ses recettes, l'entreprise reste confrontée à un déséquilibre entre ses ressources et ses charges.
Le bilan présenté fait état de 45 053 normalisations de branchements basse tension et de 16 000 compteurs communicants livrés dans le cadre du programme P4R. Ces opérations relèvent de la discipline de recouvrement, le levier que le rapport Kane place aussi au cœur de la refonte réclamée pour la Somelec. Dans les deux cas, le portefeuille clients et la facturation ressortent comme le point où la gouvernance se mesure, davantage que la seule capacité de production.
Les compteurs communicants pourraient resserrer le recouvrement là où les branchements irréguliers pèsent sur les comptes. La hausse des recettes constatée n'a toutefois pas effacé l'écart avec les charges, ce qui indique que le redressement se joue sur la durée plutôt que sur un premier bilan.
Une même contrainte, trois acteurs exposés
Les deux opérateurs partagent la même tension entre un diagnostic de gouvernance et des comptes qui ne s'équilibrent pas. La Somelec voit sa gouvernance opérationnelle mise en cause et son modèle tarifaire appelé à changer. La SOCAD'EL affiche des recettes en progression sans combler son déséquilibre. Les abonnés, enfin, forment la variable commune: ce sont leurs branchements que l'on normalise à Douala et leur tarif que le rapport Kane envisage de remettre à plat à Nouakchott.
Le signal à suivre tient en un point. Si les prochains bilans montrent les charges se rapprocher des recettes, le redressement de la SOCAD'EL tiendra; sinon, les mesures de recouvrement engagées resteront en deçà du déséquilibre qu'elles visent. Pour la Somelec, le même test se posera le jour où une décision tarifaire concrétisera, ou non, les recommandations du rapport.
Sources
- Mauritanie : le rapport Ousmane Kane dissèque la crise électrique - Africtelegraph - Toute l'actualité africaine (nouvel onglet) - Event Registry
- Mauritanie : le rapport Ousmane Kane dissèque la crise électrique (VIDEO) (nouvel onglet) - Event Registry
- ÉVALUATION DES 100 PREMIERS JOURS DE LA SOCAD’EL : L’ARSEL PREND PART AUX ÉCHANGES SUR LE REDRESSEMENT DU SECTEUR ÉLECTRIQUE (nouvel onglet) - ARSEL Cameroun (regulateur)
