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Plusieurs instances de coopération énergétique africaine réunies le 16 octobre

Des mains autour d'une carte de l'Afrique relient biodigesteur, barrage, solaire et agriculture pour coordonner l'énergie.
Photo: Tomas Wells / Pexels (nouvel onglet)Licence Pexels (nouvel onglet)

Le 16 octobre 2026, plusieurs cadres de coopération énergétique du continent ont siégé le même jour, autour d'une matière commune: des sources renouvelables dont le déploiement dépend d'un financement et d'une coordination entre États.

Ce jour-là, les ambassadeurs des pays membres de l'Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l'Ouest et du Centre (AB.AOC) accrédités au Burkina Faso se sont réunis pour échanger sur les stratégies de promotion des biodigesteurs. Le même jour, les délégations de la 8e session du Conseil des ministres du Bassin de la Volta ont été accueillies pour une gestion concertée de ressources naturelles partagées. Quelques jours plus tôt, les partenaires du projet AGRI-COOL s'étaient réunis au Cabo Verde, du 12 au 16 octobre 2026, pour leur premier programme de formation avancée et leur réunion de consortium. Cette réunion a rassemblé des représentants de 11 organisations partenaires chargés d'évaluer l'avancement du projet, de revoir les activités en cours et de coordonner les prochaines étapes de mise en œuvre.

À ces rendez-vous s'ajoute un appel politique de niveau continental. Selon les intervenants, l'Afrique du Sud vise à renforcer la coopération énergétique africaine pour garantir des approvisionnements abordables, abondants et durables. La vice-ministre sud-africaine Phumzile Mgcina a appelé à un système énergétique africain plus intégré et résilient.

Une densité institutionnelle qui bute sur le financement

La coïncidence de ces rencontres montre une architecture de coopération fournie: une alliance dédiée à une technologie, un conseil ministériel de bassin fluvial, un consortium de projet transnational et un appel ministériel à l'intégration. La contradiction tient dans ce que ces mêmes acteurs disent de leurs propres limites. Selon les responsables de l'Alliance, le passage à l'échelle des biodigesteurs nécessite davantage de ressources financières, des partenariats durables et un engagement politique accru des États. L'instance qui réunit des ambassadeurs pour promouvoir une technologie reconnaît donc que la diplomatie et les cadres de concertation ne suffisent pas: il manque l'argent et la volonté politique soutenue pour déployer.

Si ce constat vaut pour le biodigesteur, il pourrait valoir pour les autres cadres réunis le même jour, dont aucun ne porte par lui-même de décision de financement. Le recours de l'Alliance à la diplomatie pour mobiliser des ressources laisse penser que la contrainte n'est pas l'absence de forums, mais la conversion de ces forums en flux financiers et en engagements budgétaires des États.

Qui est exposé

Premiers exposés, les responsables de l'AB.AOC, qui lient explicitement le passage à l'échelle de leur technologie à une mobilisation accrue de ressources financières et à un engagement politique plus fort. Leur stratégie passe par les ambassadeurs accrédités au Burkina Faso, ce qui place le résultat hors de leur contrôle direct: il dépend des capitales représentées.

Exposés aussi, les États réunis autour du Bassin de la Volta, dont les travaux portent sur une gestion concertée de ressources naturelles partagées. Une ressource hydrique partagée relie l'eau et l'énergie: la gestion d'un bassin conditionne les usages en aval, et un défaut de coordination entre riverains se répercuterait sur les capacités qui en dépendent. La claim ne quantifie pas cet effet, mais le cadre ministériel lui-même existe pour prévenir une gestion non concertée.

Les 11 organisations partenaires d'AGRI-COOL forment un troisième groupe exposé: leur réunion de consortium sert à évaluer l'avancement et à coordonner les étapes suivantes, c'est-à-dire à maintenir aligné un ensemble d'acteurs dont la défaillance de l'un compliquerait la mise en œuvre.

Le signal à surveiller

Le message sud-africain fixe l'ambition: un système énergétique plus intégré et résilient et des approvisionnements abordables, abondants et durables. Entre cette ambition déclarée et le constat de l'Alliance sur le manque de financement, l'écart est l'objet même à suivre. Le signal observable n'est pas la tenue de nouvelles réunions, mais ce que les États engagent après elles. Si les engagements politiques évoqués par l'Alliance se traduisent en ressources, le déploiement des biodigesteurs changerait d'échelle; à défaut, la multiplication des cadres de concertation resterait sans effet opérationnel mesurable.

Sources