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Plus de 600 millions d'Africains sans électricité, le Sénégal engage 400 milliards de FCFA

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Plus de 600 millions de personnes vivaient sans électricité sur le continent, a déclaré Sidi Mohamed Ould Boubacar, selon Sahara Medias. Ce chiffre fixe la dimension d'un déficit qui ne relève pas de la marge mais de la structure même de l'accès à l'énergie. Deux annonces publiques distinctes montrent, chacune à son échelle, les voies très différentes par lesquelles des autorités tentent d'y répondre: un programme national de raccordement d'un côté, une solution d'urgence pour une capitale de l'autre.

Un déficit structurel que deux réponses viennent d'adresser

Le premier mouvement est un engagement d'investissement de long terme. Le Sénégal prévoit d'investir près de 400 milliards de FCFA pour atteindre l'accès universel à l'électricité à l'horizon 2029, selon Financial Afrik. Le même montant est repris par Africtelegraph, qui précise que le pays entend consacrer environ 400 milliards de FCFA au raccordement électrique universel. L'échéance visée est la même dans les deux comptes rendus: le raccordement universel d'ici 2029.

Le point de départ n'est pas nul. Selon le ministre cité par Financial Afrik, 86 % des Sénégalais disposent actuellement d'un accès à l'électricité. La difficulté se concentre donc sur la part résiduelle de la population, celle qui coûte le plus cher à raccorder parce qu'elle est la plus dispersée. Le programme cible 6 471 localités à électrifier, principalement situées en milieu rural, où l'absence d'infrastructures de distribution freine le développement économique et social, selon Africtelegraph.

Le rapprochement de ces deux chiffres éclaire la nature de l'effort. Franchir les derniers points de pourcentage d'un taux d'accès déjà élevé suppose d'atteindre des milliers de localités isolées, là où le coût de raccordement par foyer grimpe. Si l'enveloppe annoncée doit couvrir à la fois la distribution rurale et les infrastructures d'approvisionnement, la marge par localité resterait étroite, et la tenue de l'échéance de 2029 dépendrait du rythme réel de décaissement.

À Kinshasa, une solution flottante contre le délestage

Le second mouvement répond à une urgence de court terme. À Kinshasa, Teddy Lwamba a présenté le recours à une centrale électrique flottante d'une capacité de 134 MW pour faire face aux difficultés persistantes de la desserte électrique. Selon Teddy Lwamba, la mise en service de cette centrale devrait augmenter de 20 % la capacité disponible pour Kinshasa et les provinces environnantes. Il espère voir cette puissance supplémentaire disponible d'ici un mois.

La logique n'est pas la même que celle du programme de raccordement. Le Sénégal cherche à étendre un réseau vers des zones non desservies; la démarche présentée à Kinshasa vise à relever la capacité disponible là où un réseau existe déjà mais ne suffit pas à la demande. Les deux approches traitent des deux faces d'un même problème: atteindre les non-raccordés d'un côté, servir les raccordés qui subissent des coupures de l'autre.

Le recours à une unité flottante traduit par ailleurs une contrainte de délai. Une capacité modulaire mobilisable en environ un mois répond à une pression immédiate, mais ne constitue pas, par construction, le même type d'actif qu'un raccordement rural pensé pour durer. La hausse de 20 % annoncée reste une projection attribuée à Teddy Lwamba, pas un résultat mesuré après mise en service.

Qui est exposé

Les autorités sénégalaises portent le risque budgétaire le plus visible: l'enveloppe de près de 400 milliards de FCFA et l'objectif de 2029 constituent un engagement public daté, que le rythme d'électrification des 6 471 localités viendra confirmer ou démentir. Les populations des zones rurales ciblées sont les premières concernées, puisque c'est l'absence d'infrastructures de distribution qui freine, selon Africtelegraph, leur développement économique et social.

À Kinshasa, l'exposition est portée par les usagers déjà raccordés mais soumis aux difficultés de desserte, et par Teddy Lwamba lui-même, qui a publiquement fixé un délai d'environ un mois et un gain de capacité chiffré. Si la puissance supplémentaire n'arrivait pas dans ce délai, ou si le gain de 20 % se révélait inférieur une fois l'unité en service, l'écart avec l'annonce serait directement imputable à cet engagement daté.

Au-dessus de ces cas, le chiffre rappelé par Ould Boubacar demeure la mesure de l'enjeu: plus de 600 millions de personnes sans électricité sur le continent. Un programme national de raccordement et une centrale flottante de 134 MW agissent à des échelles sans commune mesure avec ce total. Ce que chacune démontre, c'est le type d'arbitrage auquel conduit le déficit: investissement de long terme pour étendre l'accès, capacité d'appoint rapide pour fiabiliser le service existant.

Sources