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De 300 MW en Algérie à 40 % renouvelable au Sénégal, le solaire s'accélère

Une grande centrale solaire et une installation plus petite dans un paysage semi-aride africain.
Photo: Giant Asparagus / Pexels (nouvel onglet)Licence Pexels (nouvel onglet)

Deux ordres de grandeur dans la même semaine

L'écart d'échelle à l'intérieur du solaire se mesure désormais en centaines de mégawatts. L'Algérie a inauguré une centrale solaire photovoltaïque de 300 MW, selon TSA Algerie. Au même moment, la première pierre d'une centrale photovoltaïque de 3 MWc, bien plus modeste, était posée ailleurs, rapporte Zoom Eco. Entre ces deux bornes se place une série d'annonces qui relèvent moins d'une vague homogène que de trajectoires nationales séparées.

Le point de départ diffère d'un pays à l'autre. Le Sénégal dispose de 27 % de capacités électriques installées issues des énergies renouvelables et vise 40 % à l'horizon 2030, a indiqué la directrice de la transition énergétique Yaye Cattrine Diop, citée par APS. Pour combler l'écart entre ces deux niveaux, il faudrait additionner de nouvelles capacités d'ici l'échéance, ce que la seule annonce ne garantit pas.

L'Algérie, de son côté, prévoit 22 milliards d'euros pour un programme d'énergies renouvelables visant une production de 15 000 MW d'ici 2035. La centrale de 300 MW déjà inaugurée ne représente qu'une fraction de cet objectif. L'enveloppe annoncée fixe une ambition de capacité, distincte de la capacité effectivement installée à ce jour.

Du mégawatt au raccordement

Deux unités de mesure cohabitent dans ces projets, et elles ne disent pas la même chose. Les grandes centrales se comptent en mégawatts installés. Au Mali, près de 212 hectares ont été affectés au ministère de l'Énergie et de l'Eau pour une centrale solaire de 100 MWc dotée d'une capacité de stockage de 100 MWh, selon APA. L'adjonction d'un stockage de 100 MWh à une production de 100 MWc relie directement le solaire à la question de la disponibilité: si le stockage entre en service comme prévu, il pourrait lisser une partie de l'intermittence aux heures sans soleil.

D'autres projets se mesurent en personnes raccordées plutôt qu'en puissance. Une nouvelle centrale solaire permettra de connecter plus de 300 000 personnes à l'électricité et portera à plus de 900 000 le nombre total de bénéficiaires de trois centrales, selon Educarriere. L'indicateur suivi est ici l'accès, pas la seule capacité, et les deux ne se confondent pas.

Qui est exposé

La trajectoire sénégalaise repose sur un écart assumé publiquement: entre 27 % aujourd'hui et 40 % visés, la responsable de la transition énergétique porte un objectif dont le calendrier court jusqu'en 2030. Tenir cette cible suppose un rythme d'ajout de capacités que l'annonce seule ne démontre pas.

Le ministère malien de l'Énergie et de l'Eau, destinataire des 212 hectares affectés, se trouve en amont d'un chantier dont ni la mise en service ni le bouclage financier ne sont établis par la seule affectation foncière. L'allocation de terrain marque une étape préalable, distincte de la construction.

Les quelque 900 000 bénéficiaires cumulés des trois centrales constituent la contrepartie concrète de ces investissements du côté de l'accès. Leur raccordement effectif dépendra de la mise en service des installations annoncées.

Entre une centrale de 3 MWc destinée à renforcer l'accès local et un programme de 15 000 MW chiffré à 22 milliards d'euros, l'intervalle est tel qu'aucune moyenne n'aurait de sens. Ce qui se répète d'un pays à l'autre, c'est le recours au photovoltaïque; l'échelle, le financement et le stade d'avancement, eux, restent propres à chaque projet.

Sources