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L'IRENA attend moins de capacités renouvelables en 2026 pendant que le solaire avance au Royaume-Uni et au Togo

Un grand parc solaire avec des batteries fait face à un réseau électrique de capacité limitée.
Photo: Ilo Frey / Pexels (nouvel onglet)Licence Pexels (nouvel onglet)

L'année 2025 a établi une référence que le secteur renouvelable n'avait pas atteinte. En 2025, 692 GW de capacités renouvelables ont été ajoutés, portant la capacité mondiale à 5 149 GW, selon les statistiques officielles de l'IRENA rapportées par Event Registry. Cette accélération a nourri l'hypothèse d'une trajectoire qui se prolonge mécaniquement d'une année sur l'autre.

Francesco La Camera, directeur général de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), estime que le monde devrait ajouter moins de capacités de production d'électricité renouvelable en 2026 que l'année précédente, selon L'EnerGeek. La rupture ne vient pas d'un déficit d'équipements. Le déploiement mondial pourrait ralentir en 2026 non par manque de centrales disponibles, mais faute de réseaux capables d'absorber leur production.

Le réseau, et non la centrale, comme point de blocage

Le diagnostic déplace le goulot d'étranglement. Tant que la capacité ajoutée dépendait surtout de la disponibilité des panneaux et des turbines, les volumes annuels pouvaient croître au rythme des usines et des financements. Si le facteur limitant devient la capacité d'évacuation des réseaux, comme le pose le directeur général de l'IRENA, alors un parc prêt à être raccordé ne se traduit plus automatiquement en capacité mise en service. La contradiction tient dans cet écart: des projets existent, mais l'infrastructure qui doit transporter leur électricité ne suit pas au même rythme.

Ce mécanisme, s'il se confirme, séparerait deux indicateurs souvent confondus. Un volume de projets autorisés mesure une intention publique et privée. Un volume de capacité effectivement raccordée mesure ce que le système électrique peut réellement absorber. La prévision de La Camera porte sur le second, là où les annonces nationales portent le plus souvent sur le premier.

Des files nationales qui continuent de se remplir

Au même moment, les procédures d'autorisation avancent. Le gouvernement britannique a autorisé près de 2 GW de projets solaires couplés à des batteries en octobre, selon pv magazine France. Quatre projets photovoltaïques de grande puissance ont obtenu une autorisation d'urbanisme au Royaume-Uni au cours du même mois, dans le cadre de la procédure applicable aux grandes infrastructures. Le couplage avec des batteries, mentionné dans l'autorisation, répond précisément au type de contrainte que pointe l'IRENA: stocker une production que le réseau ne peut pas toujours évacuer au moment où elle est produite.

Le signal se retrouve plus en amont de la chaîne au Togo. Le gouvernement togolais consulte les acteurs du secteur sur les documents préparatoires à un appel d'offres pour un projet photovoltaïque de 100 MW, rapporte pv magazine France. Cette consultation porte sur la première tranche d'un programme national de 400 MW d'énergies propres. La démarche se situe encore avant le lancement formel de l'appel d'offres, soit plusieurs étapes avant une capacité installée.

Ces deux mouvements nationaux illustrent la distinction que la prévision de l'IRENA rend décisive. Une autorisation d'urbanisme au Royaume-Uni et une consultation de marché au Togo alimentent la file des projets, sans garantir à elles seules que les volumes correspondants rejoindront le réseau dans l'année visée par le directeur général de l'IRENA.

Qui est exposé à l'écart entre file de projets et raccordement

Les porteurs de projets solaires avancés figurent parmi les premiers concernés. Les quatre projets britanniques autorisés en octobre disposent d'un feu vert d'urbanisme, mais leur contribution effective dépendra de leur raccordement, c'est-à-dire du facteur même que l'IRENA désigne comme limitant. Le choix de coupler le solaire à des batteries peut atténuer cette exposition en lissant l'injection sur le réseau.

Le gouvernement togolais engage sa planification sur une séquence encore plus longue. Son programme vise 400 MW d'énergies propres, dont la première tranche de 100 MW fait l'objet de la consultation en cours. Si la contrainte de réseau identifiée au niveau mondial s'applique aussi à l'échelle d'un marché national, la capacité d'évacuation deviendrait un paramètre à intégrer dès la conception de l'appel d'offres, et non une étape à régler après la mise en service des centrales.

L'IRENA, enfin, engage sa lecture du marché. Son directeur général assume une prévision de ralentissement des ajouts en 2026 après une année 2025 de 692 GW. Le signal observable qui tranchera est simple: la capacité renouvelable effectivement ajoutée en 2026, comparée aux 692 GW de 2025. Si elle recule, le diagnostic du réseau comme frein principal gagne en crédit. Si elle se maintient malgré des files de projets pleines, c'est la relation entre autorisations et raccordements qu'il faudrait réexaminer.

Sources