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Le brut du golfe Persique à 98 % de son niveau d'avant-guerre, mais le raffiné reste rare

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Les flux de brut en provenance du golfe Persique ont retrouvé 98 % de leur niveau d'avant-guerre, selon JPMorgan. Le détroit d'Ormuz a repris son activité, mais la pénurie de produits raffinés persiste et pèse sur les consommateurs. L'écart entre une matière première qui coule de nouveau et un produit fini qui manque est le point de tension qui structure aujourd'hui le marché.

Le goulot s'est déplacé vers la transformation

Le retour du brut ne résout rien tant que la capacité à le raffiner reste bridée. Les raffineries peinent à répondre à la demande en raison de maintenances planifiées et des perturbations des circuits d'approvisionnement provoquées par les sanctions contre la Russie, rapporte L'EnerGeek. Les deux causes se cumulent: l'une retire temporairement des unités de production, l'autre redessine les routes par lesquelles le brut et les produits circulent. Tant que ces contraintes tiennent, un brut abondant ne se traduit pas mécaniquement en carburant abondant.

Cette dissociation entre l'amont et l'aval explique le paradoxe de la facture. Un brut revenu à 98 % de son niveau d'avant-guerre n'a pas suffi à desserrer une pénurie de raffiné qui, elle, persiste. Le prix payé par le consommateur dépend alors moins du cours du brut que de la capacité à le transformer et à l'acheminer.

Les importateurs face à leurs jours de couverture

Les marchés qui achètent du produit fini mesurent leur exposition à l'aune de leurs réserves. Le Maroc dispose de stocks de produits pétroliers couvrant entre 40 et 60 jours selon les produits, a affirmé Leila Benali. Ce coussin offre une marge, mais une marge bornée: un pays dépendant des importations de raffiné consommerait ses jours de couverture d'autant plus vite que l'offre mondiale se resserre.

Plus bas dans la chaîne, les mouvements de stocks locaux traduisent la nervosité de l'approvisionnement. À Kayes, le stock d'essence a bondi de 76,6 %, selon Mali Actu. Un tel saut peut refléter un réapprovisionnement de précaution autant qu'une amélioration durable de l'offre, et il contraste avec la tension observée chez de grands acteurs du raffinage.

En Chine, les exportations de carburant n'ont été autorisées que vers Macao et Hong Kong à l'approche de la Golden Week. Cette restriction coïncide avec des stocks nationaux de diesel et d'essence à leur plus bas niveau depuis sept ans, selon GL Consulting. Si ce niveau de stocks se maintient, les volumes raffinés que d'autres marchés pouvaient importer resteraient d'autant plus limités.

Deux signaux méritent d'être suivis. L'évolution des jours de couverture des pays importateurs, dont la fourchette marocaine de 40 à 60 jours donne une référence, indiquera la vitesse à laquelle les coussins s'érodent. Le maintien ou non des stocks chinois à leur plus bas niveau depuis sept ans pèsera sur l'offre disponible à l'exportation. Si ces stocks restent déprimés, la pression sur les marchés dépendants du raffiné importé ne se relâcherait pas, même avec un brut largement disponible.

Sources