Une part importante des exportations pétrolières saoudiennes a été redirigée vers le port de Yanbu, via l'oléoduc Est-Ouest, afin d'éviter le détroit d'Ormuz, souligne Tamas Varga, analyste chez PVM Oil Associates, pour qui toute évolution de ce type constitue une menace réelle. Des analystes de Commerzbank observent que le trafic par la mer Rouge a nettement augmenté depuis le début de la guerre en Iran, précisément en raison de ce contournement d'Ormuz.
Le déplacement du corridor n'a pas supprimé le risque, il l'a déplacé. L'Iran a fait pression sur le mouvement houthi pour fermer la route de la mer Rouge si les États-Unis attaquent l'infrastructure énergétique iranienne, rapporte InfoMoney. Le transport maritime se trouve ainsi menacé par une possible fermeture de la mer Rouge, en plus des restrictions au trafic par le détroit d'Ormuz. Une cargaison détournée vers Yanbu emprunte la mer Rouge: les deux goulets d'étranglement pèsent désormais sur la même chaîne d'acheminement.
Andrew Lipow, président de Lipow Oil Associates, estime que les prix continueront de monter si davantage de navires-citernes sont touchés et endommagés, les armateurs refusant alors simplement d'entrer dans le Golfe Persique. Téhéran a par ailleurs rejeté une proposition d'Oman visant à établir une gestion conjointe du détroit d'Ormuz, jugeant que le plan n'avait aucune chance de succès et ne servait pas ses intérêts.
Le marché a intégré cette prime de risque. Le Brent a bondi de 7,9% pour l'échéance de septembre, à 90,74 USD, tandis que l'échéance d'octobre négociée à l'Intercontinental Exchange de Londres a fini en hausse de 7,32%, soit 6,01 USD, à 88,09 USD le baril. Le WTI pour septembre, négocié au New York Mercantile Exchange, a clôturé en progression de 6,56%, soit 5,20 USD, à 84,46 USD le baril. Le brut a gagné environ 8% sur cette séance, interrompant le cycle de baisse récent, sur fond de reprise des attaques entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient et de possible escalade rapide du conflit.
L'escalade militaire nourrit directement cette tension sur les routes. Les États-Unis se sont joints à l'Arabie saoudite pour attaquer des milices soutenues par Téhéran en Irak, après que l'Iran a lancé une série de missiles contre les forces américaines au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il frapperait l'Iran avec force en représailles à ces attaques. Malgré cette escalade, il a affirmé qu'il laisserait l'Iran « continuer à négocier », sans donner de détails.
Les précédents épisodes donnent l'ordre de grandeur de la sensibilité du marché à ces corridors. Les prix du pétrole avaient déjà progressé de plus de 4% après l'intensification des attaques entre les États-Unis et l'Iran dans le Golfe Persique, atteignant leur plus haut niveau depuis plus d'un mois. Les États-Unis avaient alors visé des ponts et un aéroport en Iran, tandis que Téhéran frappait une centrale électrique et une installation de dessalement au Koweït. Les deux références pétrolières avaient gagné environ 16% sur la semaine, le Brent signant un troisième gain hebdomadaire consécutif et le WTI un deuxième.
Sources
- https://www.infomoney.com.br/mercados/petrobras-petr4-acoes-tem-nova-alta-com-avanco-do-petroleo-por-conflito-eua-ira/ (nouvel onglet)
- https://cruzadopopular.com/economia/petrobras-petr4-acoes-tem-nova-alta-com-avanco-do-petroleo-por-conflito-eua-ira/ (nouvel onglet)
- https://www.infomoney.com.br/mercados/petrobras-petr4-petroleo-em-alta-e-producao-recorde-faz-acoes-registrarem-alta/ (nouvel onglet)
