Les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté après des attaques réciproques de l'Iran et des États-Unis contre des navires-citernes durant le week-end. Au même moment, ExxonMobil et Chevron ont publié des bénéfices trimestriels en très forte hausse, portés par un marché pétrolier tendu.
Le bénéfice net d'ExxonMobil au deuxième trimestre a augmenté de 105,1% sur un an pour atteindre 14,5 milliards USD, contre 7,1 milliards USD au même trimestre de l'année précédente. Le bénéfice net par action du groupe est passé de 1,64 USD à 3,48 USD.
Chevron affiche une progression plus vive encore: son bénéfice net a bondi de 384,8% sur un an pour atteindre 12,1 milliards USD, contre 2,5 milliards USD à la même période de l'année précédente. Son bénéfice net par action est passé de 1,45 USD à 6,11 USD. Les deux groupes ont publié leurs bilans pour la période avril-juin 2026.
Le mécanisme est le même des deux côtés de la chaîne. Les risques géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations sur des routes maritimes critiques comme le détroit d'Ormuz ont resserré l'offre pétrolière et fait monter les prix mondiaux de l'énergie. Ce resserrement gonfle les recettes des producteurs intégrés et renchérit simultanément la facture des zones importatrices, dont l'Europe.
Pour les économies qui achètent leurs hydrocarbures en dollars, l'enjeu tient moins au niveau ponctuel d'un cours qu'à la sensibilité des prix à une interruption de trafic sur un détroit. Le détroit d'Ormuz est identifié comme l'une de ces routes maritimes critiques dont les perturbations ont pesé sur l'offre pétrolière.
Le contexte macroéconomique européen reste par ailleurs dégradé. La production industrielle en Allemagne a reculé de 1,1% sur un mois en juillet, alors que les économistes interrogés par Bloomberg attendaient une hausse de 0,2%.
Sur le plus long terme, l'Institut allemand de l'économie (IW) prévoit que le déficit de main-d'œuvre qualifiée en Allemagne augmentera de 47% pour atteindre 723 000 personnes en 2029.
