Le ministère brésilien des Mines et de l'Énergie a confirmé l'anticipation de la mise en service de la liaison de transport Graça Aranha-Silvânia, initialement prévue pour 2030 et désormais projetée pour mars 2028.
L'ouvrage mesure environ 1 500 kilomètres et fonctionne en courant continu à 800 kV. Il relie la sous-station Graça Aranha, dans l'État du Maranhão, à la sous-station Silvânia, dans l'État de Goiás, en traversant également l'État du Tocantins.
La capacité d'évacuation atteint 5 GW, soit autant de puissance supplémentaire garantie au système électrique national, selon le ministère des Mines et de l'Énergie. La liaison doit accroître les échanges d'énergie entre les régions Nordeste, Centre-Ouest et Sud-Est.
Le motif technique est explicite: l'infrastructure doit contribuer à réduire les restrictions opérationnelles qui conduisent aux coupures de production, ou curtailment, des centrales renouvelables. Ce renforcement intervient alors que le pays fait face à des défis opérationnels liés à la croissance des sources éolienne et solaire et à leur intermittence. Le schéma est celui d'une dorsale à très haute tension continue qui transporte sur de longues distances une production concentrée dans une zone de fort gisement vers les bassins de consommation, plutôt que de l'écrêter faute de capacité de transit.
Le projet a été remporté lors d'une enchère de 2023 par le groupe chinois State Grid, avec un investissement d'environ 18 milliards de reais. L'agence Reuters, dans une dépêche datée du 16 juillet 2026 depuis São Paulo, évoque un investissement d'environ 20 milliards de reais.
La licence d'installation a été délivrée par l'Ibama le 2 juin de cette année, accompagnée des Autorisations de Suppression de Végétation. Le nouveau calendrier a été présenté par le chairman de State Grid Brazil Holding, Sun Tao, au ministre Alexandre Silveira, au siège du ministère.
L'entreprise responsable estime que le nouvel actif pourra répondre à la demande énergétique d'environ 12 millions de personnes, dont des localités du Centre-Ouest et Brasília.
Pour les systèmes électriques qui cherchent à raccorder des gisements solaires et éoliens éloignés des centres de charge, l'ordre de grandeur mérite d'être retenu: 1 500 kilomètres de courant continu à 800 kV pour 5 GW de transit, contre un investissement chiffré en dizaines de milliards de reais et un calendrier de construction ramené sous cinq ans après l'enchère.
