Petrobras a annoncé le lundi 3 août la découverte de gaz naturel en eaux profondes en Colombie, dans le puits exploratoire Sandia-1. La compagnie brésilienne y opère non pas seule, mais comme opérateur d'un consortium dans lequel elle détient 44,44%, aux côtés d'Ecopetrol S.A., qui contrôle 55,56%.
Le montage est celui d'un opérateur d'État qui va chercher des ressources hors de ses frontières sans prendre la majorité du permis. Petrobras intervient en Colombie par sa filiale Petrobras International Braspetro B.V - Sucursal Colombia, désignée par le sigle PIB-COL. La compagnie déclare que son activité dans le bloc GUA-OFF-0 s'inscrit dans sa stratégie de long terme de reconstitution de ses réserves de pétrole et de gaz, par l'exploration de nouvelles frontières et le partenariat avec d'autres entreprises.
Le puits se situe à environ 42 kilomètres de la côte colombienne, par une lame d'eau de 1 251 mètres. Le forage a commencé le 12 juin 2026 et a atteint sa profondeur finale le 29 juillet. Six semaines et demie séparent donc le début des opérations de l'annonce publique, un cycle court pour un puits d'exploration à cette profondeur d'eau.
La découverte n'est pas encore une ressource caractérisée. Petrobras indique que les intervalles où la présence de gaz a été confirmée sont examinés par diagraphies de puits et seront ensuite analysés en laboratoire. Aucun volume n'est avancé à ce stade, et le passage d'un indice gazier à une réserve commercialement exploitable dépend précisément de ces travaux.
La répartition capitalistique mérite d'être lue pour ce qu'elle est. Ecopetrol, avec 55,56%, porte la part la plus élevée du bloc, tandis que Petrobras assume le rôle d'opérateur avec 44,44%. Ce découplage entre part majoritaire et conduite des opérations est courant dans l'offshore profond: la compagnie qui dispose de l'expérience technique pilote le chantier, celle qui investit davantage capte une part supérieure des résultats. Pour une compagnie nationale qui cherche à renouveler son portefeuille de réserves, prendre l'opération sans la majorité limite l'exposition financière tout en préservant la maîtrise du savoir-faire.
Ce schéma intéresse au-delà de l'Amérique du Sud. Il correspond à une configuration que rencontrent les pays producteurs qui souhaitent développer un opérateur national capable de travailler hors de son marché domestique: la compétence technique s'exporte avant le capital, et le partenariat avec une compagnie nationale voisine sert de véhicule d'entrée.
En parallèle, Petrobras reste engagée sur son propre marché offshore. La SLB Onesubsea a présenté les propositions les plus basses dans un appel d'offres de la compagnie portant sur 32 arbres de Noël sous-marins et d'autres équipements sous-marins, dont manifolds, unités de distribution électro-hydraulique et PLEM. Baker Hughes et TechnipFMC sont les autres candidates ayant déposé des offres. Ces équipements sont destinés au projet Sergipe Águas Profundas, développé par Petrobras sur la côte de l'État de Sergipe.
L'appel d'offres est découpé en trois lots, avec 16 arbres prévus dans chacun des lots 1 et 2. Ces deux lots ne s'excluent pas et une même entreprise peut remporter les deux. Le troisième lot regroupe la demande consolidée des deux premiers, soit 32 arbres. Pour départager les offres, Petrobras comparera la somme des meilleures propositions reçues sur les lots 1 et 2 avec la meilleure offre déposée sur le lot consolidé. Dans tous les scénarios examinés, SLB Onesubsea apparaît devant ses concurrentes, selon Sergipe Notícias. Les données ont été mises en ligne par Petronect sous le numéro de licitation 7004565113.
Sources
- https://www.sergipenoticias.com/economia/2026/07/44607/petrobras-vai-as-compras-para-o-sergipe-aguas-profundas.html (nouvel onglet)
- https://www.metropoles.com/negocios/petrobras-descobre-gas-natural-colombia (nouvel onglet)
- https://br.pardaltech.com/2026/08/03/petrobras-descobre-gas-natural-em-aguas-profundas-na-colombia/ (nouvel onglet)
