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Pétrole & gazAnalyse du jour

Le Niger gèle le Super à 499 F CFA pendant que d'autres gouvernements renforcent l'aval pétrolier

Une pompe verrouillée devant des citernes et des conduites, symbole du prix gelé et des besoins de stockage du carburant.
Photo: Jan van der Wolf / Pexels (nouvel onglet)Licence Pexels (nouvel onglet)

Plusieurs gouvernements répondent aux tensions sur l'approvisionnement en carburants par des instruments opposés: le contrôle du prix d'un côté, l'investissement dans la distribution et le stockage de l'autre. Au Niger, l'exécutif a assuré qu'aucune hausse des prix à la pompe des hydrocarbures n'est envisagée, malgré le coût financier des subventions supporté par les caisses de l'État et des perturbations d'approvisionnement qui affectent le marché national depuis quelques mois. Le Super reste à 499 F CFA le litre et le Gasoil à 618 F CFA le litre.

Pour tenir ce prix, le gouvernement nigérien ne touche pas au tarif mais s'attaque à la chaîne parallèle. Il attribue aux circuits informels et aux pratiques frauduleuses un rôle dans le maintien des pénuries et la hausse des prix des produits pétroliers. Des instructions ont été données aux forces de contrôle pour poursuivre les personnes impliquées dans les opérations de fraude.

Si les circuits informels entretiennent bien la pénurie comme l'affirme l'exécutif, maintenir le prix officiel sans rétablir l'approvisionnement reviendrait à faire porter l'écart par le budget, puisque la subvention pèse déjà sur les caisses publiques.

Tuyaux, stockage et contrainte sur les distributeurs

Ailleurs, la réponse passe par la capacité physique plutôt que par le prix. La Première ministre Judith Suminwa a invité la ministre des Hydrocarbures et les services compétents à intensifier leurs efforts pour améliorer l'approvisionnement en produits pétroliers. À moyen et long terme, elle veut accélérer le projet de nouveau pipeline destiné à consolider l'approvisionnement de l'ouest du pays. Le gouvernement prévoit aussi de renforcer les capacités de stockage et de distribution dans les zones sud, nord et est.

Un autre département ministériel justifie une décision par la nécessité de faciliter l'accès aux produits pétroliers et de fluidifier leur distribution. Il prévient que tout manquement aux directives expose les opérateurs concernés aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Deux approches se dessinent côte à côte: l'ordre public et le tarif administré d'un côté, l'infrastructure et la contrainte sur les distributeurs de l'autre. Le point commun reste le maillon aval, là où le carburant atteint la pompe.

Qui porte le risque

Les caisses de l'État nigérien forment la première exposition: elles absorbent déjà le coût des subventions que le gel de prix prolonge. Les circuits informels et leurs complices deviennent la cible désignée des forces de contrôle. Les opérateurs de distribution, eux, portent le risque de sanction en cas de manquement aux directives.

Le signal à suivre est simple: si les pénuries persistent alors que le prix reste bloqué à 499 F CFA pour le Super et à 618 F CFA pour le Gasoil, la pression se déplacerait vers le budget et vers l'efficacité des contrôles plutôt que vers la pompe. Les chantiers de pipeline, de stockage et de distribution relèvent eux d'un horizon à moyen et long terme, et ne soulageraient l'approvisionnement qu'une fois réalisés.

Sources